Suite de Fibonacci

Cette série explore la beauté cachée des mathématiques à travers des compositions en bois
où la suite de Fibonacci et le nombre d’or prennent forme.
Derrière une apparente simplicité géométrique,
les œuvres invitent à une observation attentive : chiffres minuscules,
spirales ou lignes dévoilent progressivement des structures fondamentales.
Entre lisibilité et mystère, elles questionnent notre rapport immédiat à l’image et à la connaissance.


L’ensemble de ces œuvres repose sur une construction volontairement sobre et répétée : un cadre carré en bois clair, un fond aux nuances naturelles, et un plan en relief qui constitue le véritable espace de lecture. Cette rigueur formelle agit comme un écrin discret, laissant toute la place à ce qui pourrait, au premier regard, passer inaperçu.
Au centre de cette recherche, la suite de Fibonacci et le nombre d’or deviennent matière. Dans le grand format, un carré sombre concentre plus de 54 000 chiffres, minutieusement inscrits en spirale. À distance, l’œuvre se présente comme une forme compacte, presque silencieuse. Mais en s’approchant, le regard découvre une écriture dense, patiente, presque vertigineuse. La compréhension ne se donne pas immédiatement : elle se mérite, elle se construit dans la durée de l’observation. Ce déplacement du spectateur — du regard global vers l’attention au détail — est au cœur de la démarche.
Les formats plus réduits prolongent cette exploration. Spirales ou lignes déroulent les mêmes suites numériques, mais à une échelle plus intime. Le geste reste identique, la logique aussi : révéler une structure mathématique à travers une expérience visuelle. Ici, les mathématiques ne sont pas illustrées, elles sont incarnées, rendues perceptibles par leur accumulation, leur rythme et leur organisation.
Avec les œuvres dites « miroir », une nouvelle dimension apparaît. Présentées face à face, elles mettent en dialogue la suite de Fibonacci et le nombre d’or, mais dans une écriture en chiffres romains. Ce choix introduit une contrainte volontaire : l’absence du zéro, remplacé par des détours d’écriture, complexifie encore la lecture. Là où l’on cherche souvent à simplifier, ces pièces revendiquent une forme de résistance. Elles interrogent notre tendance contemporaine à vouloir tout rendre immédiatement accessible, au risque d’appauvrir l’expérience.
À travers cette série, il ne s’agit pas seulement de représenter des concepts mathématiques, mais de les faire ressentir. La répétition des chiffres devient texture, la logique devient forme, et la rigueur scientifique se transforme en expérience esthétique. En parallèle des œuvres, leur explication accompagne souvent le regard, prolongeant l’expérience vers la compréhension.
Ces tableaux proposent ainsi un double mouvement : voir autrement, et apprendre à regarder.




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